jeudi 6 janvier 2011

Deir Samaan, une "ville morte"...

Nous avons quitter le château de Saladin de bon matin.
Encore une fois, une longue route nous attendait et des paysages magnifiques nous attendait...

Pour nous en mettre plein la vue, Moustafa est passé par les petites routes de montagnes.
Nous étions désormais loin de l'aridité de Ma'aloula et du promontoire rocheux du Krak. Ici, c'est la fôret de pins d'Alep qui domine.
La route nous a mené à 1300 mètres d'altitude.

La route sinueuse

D'un côté, la chaîne de montagne Anti-Liban (Anti = devant) qui sépare le Liban de la Syrie, avec son sommet le plus élevé recouvert de neige, le Qornet es Saouda qui culmine à 3 083 mètres.

De l'autre côté se trouve la vallée de l'Oronte, et son fleuve qui fait de cet endroit la région la plus fertile de la Syrie. La vallée était malheureusement invisible due à une épaisse mer de brouillard, comme en voit dans les montagnes suisses.


Mer de brouillard au-dessus de la vlle de l'Oronte
Nous avons traversé plusieurs villages et avons quitté cette immensité verdoyante pour un tout autre paysage:

Le Massif Calcaire.



Difficile de croire que des cités entières se sont élevées dans cette zone pierreuse. Il fût un temps où la prospérité de la Syrie était si grande que les riches cherchaient le grand air pour ériger leurs riches demeures de calcaire. Et seule la prospérité pouvait pousser les gens à s'établir ici.

Ici s'étendaient des champs et des champs d'oliviers et de vignes!

Avant qu'on leur donne le nom de "villes mortes", ces ruines étaient des cités et des villages romains, byzantins ou arabes prospères du IIIe au VIe siècle.



Les restes qu'on peut voir aujourd'hui sont d'une qualité architecturale étonnante! Si les blocs de granites ont survécu au temps, c'est grâce au climat sec. Et comme personne ne veut vivre par ici maintenant, les pierres sont restées à leur place et n'on pas été réutilisées pour autre chose.

Néanmoins, des gens vivent encore par ici...


Toît des maisons encore habitées, en forme de pain de sucre

Un berger et ses moutons à travers les pierres

Mais que s'est-il passé pour qu'à la places des oliviers, des céréales et des vignes, s'étendent aujourd'hui des étendues de pierres blanches?

Des tremblements de terre...
Mais surtout des invasions!
La Syrie, avec ses anciennes frontières (la Syrie allait d'Antioche à Suez, avant que les français et les anglais traces des frontières sans sens),  était un territoire très convoîté. Les Byzantins ont dû laissé la place aux Perses, aux Francs puis aux Ottomans, qui ont amené avec eux épidémies et destructions: brûlés furent les champs de céréales, d'oliviers et de vignes. Ajouté à cela les tremblements de terre, les sécheresses, et un détail qui nous échappe parfois concernant les vignes: l'arrivée des arabes musulmans fût leur perte, l'alcool leur étant interdit!




Néanmoins, la verdure vient quand même saluer le soleil, et les oliviers ont été récemment replantés. La Syrie est présentement 5e productrice mondial d'huile d'olive, d'ici quelques années, elle devriendra la 1ère: on compte maintenant 70 millions d'oliviers!



En attendant, nous avons arpenté le site, écoutant Adel faire parler ces pierres qui en ont tant à dire!


Les nazis n'ont pas inventé ce symbole.

Le village de Deir Samann dans lequel nous nous trouvons, une importante vie religieuse s'est développée. L'église basilicale est le momument le mieux préservé du site. 


On voit l'abside principal et les 2 absiodioles
bel exemple de linteau



C'est dans ce village que résidaient les pèlerins qui venaient ici par milliers écouter St-Siméon, et se recueillir au monastère après sa mort. Un long cortège de pèlerins gravissait la montagne jusqu'à son sommet une fois par année, à la St-Siméon.

On peut donc voir les ruines des anciennes résidence des pèlerins, les restes de magasins et les 2 anciens monastères.






Nous avons ensuite entrepris de gravir la montagne, tels des pèlerins, rendre hommage à St-Siméon...

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